Avant hier, alors que j'étais vraiment dans le dur, pendant la traversée de la Mayenne, puis sur les 20 dernier kilomètres avant de rejoindre Mortagne-au-Perche, je ne cessais de penser à mon camarade de vélo et club, Roland, que j'avais accompagné comme "assistant" en 2015. En 2011 il avait abandonné à Mortagne. Comment peut-on abandonner à à peine plus de 100km de l'arrivée me disais-je…
74 ans le jour de l'arrivée en 2015 !

Ces dans ces moments que j'ai compris et bien imaginé ce qu'il pouvait se passer dans sa tête !
Evidement, je me suis dit, tu iras le féliciter et lui faire part de toute ton admiration !
Ce que je n'ai pas manqué de faire hier, il était du commité d'accueil, ne lui laissant pas le temps à lui de me féliciter.
Nous avons tous deux lors de notre étreinte chaleureuse, de celles de ceux qui ont partagé une expérience similaire, laisser échapper une petite larme.

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C'est que visiblement il était ému de mon admiration pour ses deux performances !

En 2015, avec mon camarade Marcel et Christine qui nous a manqué, ils et elle l'avaient bouclé en 88h30.
Marcel et Christine n'ayant alors qu'un objectif : ramener Roland, sur son vélo, à Paris !

J'ai pu vivre la même chose, et ce fut réciproque, puisque Marcel aussi a eu ses coup de mou.
Vivre ça ensemble, à plusieurs, sur le vélo, c'est une grande aventure humaine. Ça rapproche !

J'ai un nouvel ami !

Sur les 87h00, environ 60 à pédaler de concert, cote à cote, l'un derrière l'autre alternativement pour s'abriter du vent, s’entraîner, se soutenir…
Il y a des moments où tu n'as pas besoin de communiquer oralement. Tu sens du coin de l'œil que derrière ça coince, et tu te cales sur le rythme pour emmener ton camarade de route.
Et lui, quand c'est toi qui a un coup de mou, il fait pareil, tu le sens tu le sais !
Après ça, chacun pourra compter sur l'autre ! Et pas que sur un vélo !

Il y a aussi ces instants où le copain n'est plus dans la roue du coté habituel. Les cyclos que nous croisions (en fait on les dépassait) ont alors souvent entendu des « Marcel, t'es là ? » ou « Gérald, t'es là ? ». En général suivait un « Oui, oui, tout va bien ».
Si il y avait seulement un oui, alors là tu savais qu'il fallait légèrement lever le pied et réduire l'allure.

Il y a aussi ce moment, à Loudeac, sur le retour, après le pointage.
Il nous faut faire 1/2 tour pour rejoindre le campement pour la nuit, donc reprendre la direction de Brest.
— C'est pas par là !
– Oui, on sait, mais quand on est passé à Brest c'était la marrée basse, et nous on veut voir la marrée haute !

Le bénévole nous a pris pour des fous ! 😂

@gegeweb J'adore le coté « horde du contrevent¹ » de ton récit ! Sympa !

¹: fr.wikipedia.org/wiki/La_Horde

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Instance personnelle de Gérald Niel (aka. @gegeweb). Peut-être qu'elle sera publique un jour… ou peut-être pas. J'ai pas encore décidé. Pour l'instant je teste la matrice, ou plutôt le pachyderme.

Je peux toutefois créer un compte à la demande pour les copains (envoyez la demande par mail à l'adresse indiqué dans le contact). Ou suivez ce lien, j'ai généré quelques invitations.
Sans garanti sur le bon fonctionnement du truc en revanche ! ;)

Si vous cherchez un point d'entrée (une instance) un peu plus sûr techniquement :